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L’Union romani Portugal « hautement préoccupée »

Lisbonne, 2 août 2010
jeudi 26 août 2010.
 

L’Union Romani Portugal qui représente la communauté tsigane au Portugal, affirme aujourd’hui être « perplexe » et « hautement préoccupée » par les mesures annoncées par le gouvernement français de Nicolas Sarkozy visant la communauté dans son pays.

L’organisation exprime, dans une note envoyée à l’agence de presse LUSA, que ses membres sont « perplexes devant la forme avec laquelle le gouvernement français cherche à résoudre la question de l’absence de politique en matière d’éducation, de santé, de logement, de justice et autres aspects sociaux (…) en choisissant la facilité devant cette résolution des problèmes par l’expulsion de toute une communauté. »

Le ministre de l’intérieur français, Brice Hortefeux, a annoncé la semaine dernière un ensemble de mesures contre la violence au sein d’une communauté tsigane, depuis les incidents du 16 juillet oú un groupe de 50 personnes avait attaqué à Saint Aignan, au centre de la France, en protestation contre la mort d’un jeune par les mains de la police. Ces mesures incluent le démantèlement dans les prochains trois mois de 300 à 600 campements illégaux qui existent actuellement dans tout le pays et la possibilité d’expulser les tsiganes, quelle que soit leur nationalité, qui commettraient des délits contre « l’ordre public » :

« Le gouvernement français transforme en lettre morte la charte européenne signée á Paris en 1991 laquelle consacrait les droits des minorités et principalement de la minorité tsigane », a défendu l’Union romani portugaise, qui souligne que la communauté française compte entre 15.000 et 20.000 personnes de familles françaises et autour de 400.000 nomades.

Dans la même déclaration, l’organisation affirme être « hautement préoccupée » par la situation qu’elle considère comme une attaque du gouvernement français, mais aussi « par la déresponsabilisation de la Commission européenne « face à une réalité qui s’inscrit comme un nouvel épisode odieux et nous rappelle les tristes temps hitlériens ». « Si éventuellement les instances internationales ne prenaient pas position devant cette escalade, cela pourrait conduire inévitablement à propager d’autres actes dans d’autres pays d’Europe et ouvrir la porte à d’énormes conflits sociaux prochainement qu’il faudrait éviter de toutes nos forces », rappelle cette organisation.

L’union romani portugaise a manifesté encore sa solidarité avec la communauté tsigane résidant sur le territoire français, et conclut qu’elle va suivre « avec la plus grande attention le développement des événements et tentera de trouver, ensemble avec d’autres organisations internationales, comment éviter la mise en œuvre des mesures du gouvernement français ».