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Limoges : 68 "sans-papiers" en grève de la faim

dimanche 9 juillet 2006.
 



Soixante huit « sans-papiers » africains observent une grève de la faim, à Limoges

APA Limoges (France), le 9 juillet 2006 :
Soixante huit (68) « sans-papiers » africains, dont six femmes, « en lutte depuis de longs mois », observent depuis lundi dernier, à Limoges (Haute Vienne), une grève de la faim, pour réclamer la régularisation de tous les sans-papiers, a constaté sur place le correspondant de APA.

Ces grévistes de la faim, principalement des Guinéens, des Algériens, des Maliens, des Sénégalais, et des Marocains, au nombre desquels six femmes, occupent un ancien local de la police de Limoges, mis à leur disposition par la mairie de la ville.

Présents pour la plupart sur le territoire français depuis de longues années, ils entendent poursuivre leur diète jusqu’à l’obtention de titres de séjour. Ainsi, ils comptent aller « jusqu’au bout » si les autorités françaises ne se penchent pas sur leur situation.

« Nous avons déposé nos dossiers de régularisation depuis des années, mais les réponses ont toujours été négatives sans qu’on nous en explique les raisons.
Maintenant, nous avons décidé d’aller jusqu’au bout pour obtenir des papiers. La grève de la faim se poursuivra tant que la préfecture n’aura pas réglé notre situation », a déclaré à APA, Hosni El Harabi, leur porte-parole.

Au sixième jour de leur diète, la situation commence sérieusement à se compliquer pour certains. Vendredi, quatre d’entre eux, « victimes de malaises », avaient dû être évacués d’urgence vers les structures sanitaires avant d’être ramenés sur place.

En plus de la déshydratation, certains « commentent à ressentir des douleurs abdominales et dorsales ». Pour autant, ils n’entendent pas mettre fin à cette privation de nourriture. « Si c’est le prix à payer pour obtenir nos papiers, nous le ferons », précise un « sans-papiers » guinéen allongé sur un matelas.
Pour parer à toute éventualité, ils reçoivent régulièrement la visite de médecins, de bénévoles de la Croix-rouge, du Secours populaire et du Secours catholique. Ils ont aussi reçu la visite de religieux, de syndicalistes et de responsables locaux des partis d’opposition.

Les appels à l’arrêt de la grève de la faim n’ont pour l’heure pas infléchi leur position. Ils ne s’alimentent qu’avec de l’eau, des jus de fruit et du sel. Samedi matin, ils ont entamé, sur les conseils d’un médecin, la prise de vitamines.

« Que vous voulez que nous fassions ? Nous sommes là depuis longtemps, mais on ne nous reconnaît même pas le plus petit droit. Nous avons même envoyé mercredi au préfet un courrier avec accusé de réception, mais il n’a même pas daigné nous répondre », se désole Hosni El Harabi.

« Quand on a en face de soit quelqu’un qui ne veut même pas dialoguer, on est obligé d’opter pour la solution extrême. Tous les grévistes sont affaiblis, mais tiennent le coup », ajoute t-il précisant qu’il y a, à Limoges et environs, entre 1500 et 2000 immigrés sans-papiers qui attendent d’être régularisés.