Succès de la manifestation nationale contre la loi Sarkozy sur l’immigration

Dépêches 13 mai 2006
 

Le cortège s’est ébranlé vers 15h30 de la place de la République, pour rejoindre sous une pluie orageuse la place Saint-Augustin, non loin du ministère de l’Intérieur et du siège de l’UMP.

Les manifestants répondaient à l’appel du collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable", qui regroupe plus de 400 associations, organisations politiques de gauche, et syndicats.

"Loi Sarkozy immigration jetable. Non !", pouvait-on lire sur une banderole rouge surplombant la tête du cortège, où se trouvaient notamment Jean-Luc Mélenchon (PS), Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO), le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri ou encore Annick Coupé, porte-parole du "Groupe des dix-Solidaires", qui rassemble essentiellement les syndicats Sud.

"Le discours de Sarkozy est teinté d’une démagogie qui fait des immigrés les responsables de tous les maux", a déclaré M. Aschieri à l’Associated Press. Pour lui, "après l’Assemblée, il y aura le Sénat. La bataille n’est donc pas terminée. Si le texte est voté, il faudra continuer à se mobiliser pour faire reculer le gouvernement, comme on l’a fait avec la CPE qui lui aussi avait été voté".

"C’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers, c’est Sarko qu’il faut virer !", "L’immigration jetable, on n’en veut pas ! Solidarité avec les immigrés ! Régularisation de tous les sans-papiers" ou encore "Sarkozy, les immigrés qu’on trie, c’était sous Vichy", scandaient les manifestants.

Des représentants des collectifs de sans-papiers venus notamment Nantes, Lille, Alençon et Rouen étaient présents dans le cortège, aux côtés de militants syndicaux, de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ou encore de lycéens et d’étudiants de l’UNEF ou de l’UNL.

Les membres de groupes locaux du "Réseau éducation sans frontières (RESF)" -qui se bat contre l’expulsion des lycéens sans papiers et de leurs familles- étaient aussi présents un peu partout dans le cortège.

Jacqueline, grand-mère nantaise de 70 ans souhaitant ne pas dévoiler son nom, était venue avec son petit-fils défiler aux côtés du collectif de sans-papiers de sa ville. "On aide déjà des gens isolés, parfois avec leurs enfants, qui se battent depuis plusieurs années. Si la loi passe, on continuera à se battre", a-t-elle déclaré à l’AP.

"Ce texte va nous faire faire un bon en arrière. Vous imaginez la situation que cela va créer pour tous les gens qui sont là depuis dix ans et qui espéraient pouvoir respirer un peu ?", a-t-elle ajouté.

La loi Sarkozy prévoit en effet de mettre un terme aux régularisations automatiques après dix ans de présence clandestine sur le territoire français.

"Nous sommes étrangers à la haine", pouvait-on lire sur une banderole de la Cimade (association oecuménique d’entraide), tandis qu’au coeur du cortège, une effigie du ministre de l’Intérieur était frappée de deux mots : "Danger public".

Commentant les diverses mesures de la loi Sarkozy, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon a expliqué que le texte "ne fera pas un seul immigré de moins, mais des milliers de clandestins en plus".

AP 13 mai 2003

http://fr.news.yahoo.com/13052006/5/succes-de-la-manifestation-nationale-contre-la-loi-sarkozy-sur.html

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Manifestations contre le projet de loi sur l’immigration

lemonde.fr 13 mai 2006

Parce qu’il n’existe pas d’êtres sous-humains", plus de 10 000 personnes ont manifesté samedi 13 mai à Paris contre le projet de loi sur l’immigration de Nicolas Sarkozy.

A l’appel du collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable", le cortège a quitté la place de la République vers 15h30. La manifestation doit se terminer place Saint-Augustin, non loin du siège de l’UMP et du ministère de l’intérieur.

Selon la police, 10 000 personnes ont rejoint le défilé mais certaines sources syndicales indiquaient en milieu d’après-midi des chiffres trois fois supérieurs.

Le 29 avril, près de 15 000 personnes avaient manifesté dans toute la France, dont 5 000 dans les rues de la capitale.

Au son de tam-tam africains ou de youyous, les manifestants brandissent des pancartes proclamant "Des papiers pour tous, des frontières pour personne" ou "Français et immigrés côte-à côte pour défendre les droits sociaux".

Tous ou presque portent le petit badge rouge et blanc du collectif où une petite silhouette est mise à la poubelle.

D’autres ont ressorti les "mains jaunes" de SOS-Racisme.

Créé en décembre, le collectif regroupe aujourd’hui près de 500 associations, ONG, syndicats et partis politiques. Sa charte affirme que le texte du ministre de l’intérieur s’inscrit dans une "perspective utilitariste".

"Derrière l’immigration utile se cache une conception archaque de l’humanité selon laquelle certains être humains sont, par nature, les outils des autres", dénonce le collectif.

La pétition contre la réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), lancée en janvier, avait recueilli samedi plus de 51 000 signatures.

Vendredi, Jacques Chirac a défendu le texte du ministre de l’intérieur, qui prône le passage à une "immigration choisie". A Vienne, le chef de l’Etat a assuré que la législation serait appliquée "avec toute l’humanité nécessaire".

"ILS N’ONT COMMIS AUCUN CRIME"

Lors d’une conférence de presse au terme du sommet Union-européenne-Amérique latine et Carabes, le président français a souligné l’importance d’avoir "un minimum de cohérence dans une politique d’immigration, sinon on crée davantage de problèmes qu’on en résout".

Pour Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste qui avait pris place dans le carré de tête, "c’est une loi qui interdit l’amour" en durcissant les conditions du regroupement familial.

Les députés ont achevé l’examen du texte jeudi avec près d’une semaine de retard. Après le vote solennel de mercredi, le Sénat examinera le projet de loi à partir du 6 juin.

Malgré ce calendrier serré - et la majorité absolue de l’UMP à l’Assemblée - les manifestants espèrent que la mobilisation de samedi poussera le gouvernement à "adoucir" certaines dispositions.

Le texte durcit les modalités d’entrée et de séjour des étrangers en France avec des conditions plus strictes pour le regroupement familial ou encore l’abrogation de la régularisation automatique "de plein droit" après 10 ans de présence illégale sur le territoire français.

"Le CPE a été voté lui-aussi mais il a fallu par la pression que le gouvernement change de politique", rappelle Lucette Lamousse, présidente d’une association d’aide aux travailleurs immigrés dans la Meuse.

Elle refuse de baisser les bras par solidarité avec les sans-papier de sa région, souvent originaires d’Europe de l’Est.

"Beaucoup se retrouvent sans papiers parce qu’ils ont perdu leur travail ou après un divorce. Ils n’ont commis aucun crime".

avec Reuters et AFP

Manifestation à Marseille

Un millier de personnes, selon la police et les organisateurs, se sont rassemblées samedi à Marseille pour manifester contre le projet de loi sur l’immigration de Nicolas Sarkozy qui doit être voté mardi à l’Assemblée nationale. La manifestation était organisée par une cinquantaine d’associations, syndicats, partis politiques et organisations parmi lesquelles la FSU, SUD, Médecins du Monde, la LCR et SOS Racisme.

www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-771526,0.html ?xtor=RSS-3224

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Entre 10 000 et 35 000 personnes à Paris ce samedi ont défilé contre la loi Sarkozy sur l’immigration

EuroNews 13 mai 2006

.. Une loi dont l’examen par les députés s’est achevé jeudi. Elle doit être votée en milieu de semaine prochaine à l’Assemblée nationale mais malgré ce calendrier serré, les opposants au projet espèrent en adoucir certaines dispositions. Les sans-papiers sont les premiers concernés : "C’est une loi inhumaine", explique Gassama Mady, président du Collectif des Sans Papiers. "Je ne comprends pas pourquoi la Frace se permet aujourd’hui de voter une telle loi. C’est une déception totale. Nous n’allons pas baissé les bras, les sans-papiers vont continuer le combat". Le projet de loi, entre autres, consacre la notion très controversée d’immigration utile et abroge la régularisation automatique au bout de dix ans pour les clandestins. Il rend également les conditions pour le regroupement familial beaucoup plus strictes. La manifestation de ce samedi à Paris était organisée par le collectif "Unis contre une immigration jetable", qui regroupe près de 500 associations.

http://fr.news.yahoo.com/13052006/342/france-manifestation-contre-le-projet-de-loi-sur-l-immigration.html

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Plusieurs milliers de manifestants à Paris contre l’"immigration jetable"

AFP 13 mai 2006

PARIS (AFP) - Entre 11.000 selon la police et 35.000 personnes selon les organisateurs manifestaient samedi à Paris pour protester contre le projet de loi Sarkozy sur l’immigration, qui doit être voté mardi à l’Assemblée.

Cette manifestation a été organisée à l’appel du collectif Uni(e)s contre l’immigration jetable, qui réunit plus de 460 associations, et s’est ébranlée de la place de la République vers Saint-Augustin derrière une banderole rouge affirmant : "loi Sarko, immigration jetable, non !", accompagné d’un dessin figurant un homme jeté à la poubelle et barré de la mention : "interdit de jeter à la poubelle".

Les manifestants, dont beaucoup portaient un autocollant "immigration jetable : non !", étaient 11.200 selon la police et 35.000 selon les organisateurs, soit deux fois plus nombreux que lors de la précédente manifestation contre le projet de loi sur l’immigration, le 29 avril (entre 5.000 et 10 à 15.000).

Aucun incident n’a été signalé, selon la police.

En tête du cortège, des personnalités politiques de gauche dont Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, qui a estimé que ce projet de loi "va aggraver encore la précarité dans notre pays, elle va dans le même sens que le CPE ou le CNE, c’est pour cela qu’on est là et qu’on se mobilise".

"C’est un projet de loi qui va bousiller quotidiennement la vie de milliers d’immigrés qui payent des impôts, il faut arrêter de tortiller du cul et dire clairement que l’immigration n’est pas un problème si on a le courage de poser le problème de la répartition des richesses", a expliqué Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire.

De son côté, le sénateur PS de l’Essonne, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé une loi qui "s’adresse à ce qu’il y a de plus bas et de plus vil, qui flatte la xénophobie et ne fera pas un immigré de moins mais des milliers de clandestins en plus".

La porte-parole de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller, a demandé la régularisation de tous les sans-papiers tandis que, pour les Verts, la sénatrice Alima Boumediene a dénoncé "une loi qui précarise et met en danger toute l’intégration déjà faite".

http://fr.news.yahoo.com/13052006/202/plusieurs-milliers-de-manifestants-paris-contre-l-immigration-jetable.html

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Grande manifestation contre "l’immigration jetable"

liberation.fr 13 mai 2006

PARIS - A quelques jours du vote solennel des députés, plus de 10 000 personnes ont réclamé le retrait du projet de loi sur l’immigration de Nicolas Sarkozy lors d’une grande manifestation festive dans les rues de Paris à l’appel du collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable".

Selon la police, 11.200 personnes ont rejoint le cortège mais les organisateurs font état de plus de 35.000 manifestants entre la place de la République et la place Saint-Augustin, non loin du siège de l’UMP et du ministère de l’Intérieur.

Les principaux leaders de la gauche de la gauche - Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot et Arlette Laguillier - avaient pris place dans le carré de tête.

Au son de tam-tam africains ou de youyous, les manifestants brandissaient des pancartes proclamant "Des papiers pour tous, des frontières pour personne" ou "Français et immigrés côte-à côte pour défendre les droits sociaux".

Tous ou presque portaient le petit badge rouge et blanc du collectif où une petite silhouette est mise à la poubelle. D’autres ont ressorti les "mains jaunes" de SOS-Racisme.

Beaucoup de poussettes et d’enfants dans les rangs. Drame Maimouna et Ciara Coulobaly, originaires du Mali, sont venus en famille. Leur fille de deux ans est née en France mais leur fils de cinq ans n’a pas de papiers, comme eux.

"Nous on veut que Sarkozy nous laisse en paix. On veut travailler pour nourrir nos enfants", expliquait Drame, qui fait partie du Collectif des sans-papiers de Seine-Saint-Denis.

La pétition contre la réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), lancée en janvier, avait recueilli samedi plus de 51.000 signatures.

MÊME SORT QUE LE CPE ?

Vendredi, Jacques Chirac a défendu le texte du ministre de l’Intérieur, qui prône le passage à une "immigration choisie". A Vienne, le chef de l’Etat a assuré que la législation serait appliquée "avec toute l’humanité nécessaire".

Pour Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste qui avait pris place dans le carré de tête, "c’est une loi qui interdit l’amour" en durcissant les conditions du regroupement familial et en plaçant sous surveillance les mariages mixtes.

Les députés ont achevé l’examen du texte jeudi avec près d’une semaine de retard. Après le vote solennel de mercredi, le Sénat examinera le projet de loi à partir du 6 juin.

Malgré ce calendrier serré - et la majorité absolue de l’UMP à l’Assemblée - les manifestants espèrent que la mobilisation de samedi poussera le gouvernement à "adoucir" certaines dispositions.

Le texte durcit les modalités d’entrée et de séjour des étrangers en France avec des conditions plus strictes pour le regroupement familial ou encore l’abrogation de la régularisation automatique "de plein droit" après 10 ans de présence illégale sur le territoire français.

"Le CPE a été voté lui-aussi mais il a fallu par la pression que le gouvernement change de politique", rappelle Lucette Lamousse, présidente d’une association d’aide aux travailleurs immigrés dans la Meuse.

Elle refuse de baisser les bras par solidarité avec les sans-papier de sa région, souvent originaires d’Europe de l’Est. "Beaucoup se retrouvent sans papiers parce qu’ils ont perdu leur travail ou après un divorce. Ils n’ont commis aucun crime".

www.liberation.fr/page.php ?Article=381846