1er mai à Paris : retrait du CNE et opposition au projet Sarkozy sur l’immigration

AFP 1er mai 2006
 

PARIS (AFP) - Fêtant "la victoire du Contrat première embauche" (CPE), les militants syndicaux parisiens avaient tous à la bouche, lundi, le "retrait du CNE" (contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE), tandis que le projet de loi Sarkozy sur l’immigration faisait l’unanimité contre lui. Le cortège du 1er mai - 30.000 personnes selon les organisateurs, 15.000 selon la police - s’est ébroué sous une pluie fine peu après 15h00 de la place de la République, en direction de la Nation.

Les responsables syndicaux - Bernard Thibault (CGT), Alain Olive (Unsa), Gérard Aschieri (FSU), Annick Coupé (Solidaires), Bruno Julliard (Unef), Karl Stoeckel (UNL) - ont ouvert la marche derrière une banderole proclamant "pouvoir d’achat, salaires, emploi. Sécurisons vraiment les parcours professionnels".

"Cette année, le 1er mai a une signification particulière après les luttes contre le CPE. Mais il reste le CNE : comme le CPE, il est anormal que le gouvernement persiste à maintenir des contrats comme ça", témoigne Alain Quesney, "vieux militant" de 55 ans, coiffé d’une casquette rouge CGT, un panier rempli de brins de muguet au bras.

Sous les drapeaux blanc et bleu de l’Unsa, René Espanol fête "la victoire d’avoir obtenu le retrait du CPE". Abrité sous son bob en ciré bleu, ce retraité, "ancien de la police", avoue en riant qu’il "commence à en avoir plein les jambes des manifs". Confiant, il se dit persuadé que "sur le CNE, le temps fera son oeuvre. Le cas des prud’hommes de Longjumeau va se multiplier, il y aura trop de procédures, et le CNE va tomber de lui-même".

Le conseil des prud’hommes de Longjumeau a requalifié vendredi un contrat nouvelles embauches en CDI, jugeant que l’ordonnance créant le CNE était contraire à une convention de l’OIT, un jugement de principe qui constitue une première.

Mobilisé dans le service d’ordre de l’Union nationale lycéenne, Maxence Morel, du haut de ses 15 ans, juge que "malgré le retrait du CPE, le combat n’est pas fini : il reste le CNE, la loi pour l’égalité des chances, avec notamment l’apprentissage à partir de 14 ans, ou encore la loi sur l’immigration".

Cette dernière était aussi en ligne de mire. "Loi Sarkozy = immigration jetable, NON", pouvait-on ainsi lire sur une banderole d’opposants au projet du ministre de l’Intérieur qui doit être débattu à l’Assemblée nationale à partir de mardi.

Ici et là, souvent au son des tam-tam, des collectifs de sans-papiers revendiquent d’être régularisés, en scandant "des papiers pour tous".

Reste qu’après l’ampleur des mobilisations de mars, le cortège paraissait un peu clairsemé. "C’est un peu compliqué de mobiliser aujourd’hui. Les gens ont bien défilé (ces deux derniers mois), ils ont eu une victoire avec le CPE. En outre, ce 1er mai est accolé à un week end... pluvieux", observe le secrétaire national de l’Unsa François Joliclerc, sous son parapluie.

Une délégation de salariés du journal France-Soir a pris part au cortège, avec des pancartes proclamant notamment "une vraie rédac’, pas un réac’".