Uni(e)s contre la loi Sarkozy

"Métro", 3 avril 2006
 
Plusieurs milliers de personnes ont participé à un rassemblement festif contre le projet de loi sur l’immigration

Du soleil, de la musique, des merguez et une bonne dose de militantisme. Tous les ingrédients étaient réunis hier après-midi, place de la République, lors du rassemblement organisé par Uni(e)s contre une immigration jetable (UCIJ). Ce collectif, composé de 350 associations, combat le projet de loi sur l’immigration présenté mercredi dernier en Conseil des ministres par Nicolas Sarkozy.

Une vingtaine d’artistes (Souad Massi, Louise Attaque, Cali, Mano Solo...) se sont relayés sur scène, devant plusieurs milliers de personnes.

Pour Grégoire Simon, le saxophoniste des Têtes raides, "être artiste, ça donne le droit d’ouvrir sa gueule plus que les autres. Quand un homme qui n’a pas de papiers peut être interpellé à tout moment par l’Etat français, on ne peut pas se taire".

La foule est venue pour les concerts, mais pas seulement. "C’est un succès, les gens se rendent dans les stands des associations, sont attentifs aux interventions des membres du collectif", se réjouit Aida Chouk. Présidente du Syndicat national de la magistrature, elle est l’une des porte-paroles de l’Ucij.

Pour elle, en accueillant en priorité des étrangers qualifiés ou des étudiants prometteurs, "la France organise un pillage des ressources humaines des pays pauvres". Le durcissement du regroupement familial et le contrôle des mariages mixtes entravent "le droit pour les familles de vivre de manière décente". Et la fin de la régularisation des sans-papiers après dix ans sur le territoire français "condamne les gens à vivre dans la précarité".

Une circulaire dénoncée

"Une circulaire du 21 février donne des indications pour diminuer le nombre de clandestins, explique Aida Chouk. On demande aux policiers d’aller arrêter les gens chez eux, mais aussi dans les salles d’attente des hôpitaux, dans les associations, à proximité des foyers..."

Le projet de loi sur l’immigration doit passer devant le Parlement début mai. Une série de concerts et d’interventions sont prévus le 21 avril, avant une manifestation le 29 avril. Anne-Aël Durand