logo spip
Concert « Non à l’immigration jetable » du 2 avril à Paris

Une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes

lundi 3 avril 2006.
 
« Jamais on n’aurait espéré une telle affluence », répétaient à satiété artistes et organisateurs au soir du dimanche 2 avril, quand, vers 19h30, la foule a commencé sa lente dispersion. Au plus fort de l’affluence, les yeux expérimentés de certains chanteurs et musiciens évaluèrent à 30 000 le nombre d’auditeurs qu’ils avaient dans leur champ de vision. Au total, entre 13 heures et 19 heures, sans doute 50 000 personnes sont-elles passées sur la place de la République à Paris pour profiter d’un moment de musique et manifester leur condamnation de l’« immigration jetable » vers laquelle s’oriente de gouvernement dans le projet de loi qu’il s’apprête à proposer au Parlement dans les premiers jours de mai

Au centre de la place, face à la scène, même la statue de la liberté s’était habillée aux couleurs du « Non à l’immigration jetable ».

Beaucoup de jeunes évidemment dans la foulée de leur engagement contre le CPE. Qu’une intervention les y invite et aussitôt ils faisaient le lien : « Ni jeunesse jetable. Ni immigration jetable ».

Leurs parents aussi et, parfois leurs grands-parents. Bref une foule à l’image de la société française, venue en masse.

A l’affiche : Akli D, la Brigade, Rodolphe Burger avec Djiz et John Tchicaï, Cali, Dyonisos, Fil, Kétanou, Lady Laistee, Lola Lafon & Leva, Loïc Lantoine, Bernard Lavilliers, Didier Lockwood, Lo’Jo, Louise Attaque, M.A.P., Souad Massi, Oaïstar, la Rue, Mano Solo, Didier Super, Têtes Raides et 93 Slam Caravane. Ils ont magnifiquement animé plus de cinq heures de musique, de danse et de chansons et exprimé, chacun à sa manière, leur refus du projet de loi. Artistes engagés, même si le terme n’est plus à la mode.

Evidemment, les militants et les sans-papiers des 350 organisations du collectif Uni-e-s contre une immigration jetable ont eu leur mot à dire sous les tentes du « village de la solidarité » et depuis la scène d’où ils ont, à six reprises, expliqué le caractère inadmissible et rétrograde de l’instrumentalisation des migrants : logique d’ensemble du projet de loi, identification de ses victimes, appareil de répression qu’il institue, coups portés à l’asile, logique de précarisation du travail ont fait l’objet des interventions politiques.

Fabuleux concert ! Mais le combat continue. Une ovation a accueilli l’annonce d’un nouveau rendez-vous donné pour une manifestation nationale à Paris le samedi 29 avril.

JPG - 24.7 ko
a-a.D/Metro

Fabuleux concert ! Mais pourquoi, sur la foi d’une dépêche de l’AFP du tout début de l’après-midi, alors que rien n’avait encore commencé, la presse a-t-elle souvent compté « quelques centaines de personnes » ? Facilités de rédactions absentes qui colportent la première rumeur venue sans vérifier ensuite que d’autres informations la corrigent. Heureux gouvernement qui tirera profit de la fausse nouvelle...

Fabuleux concert ! Mais sans répit pour les sans-papiers. Au plus fort de la manifestation, l’on apprenait l’arrestation de l’un d’entre eux, venu de Seine-et-Marne, malheureusement arrêté et placé en garde à vue à deux pas du concert, au commissariat de Bastille.

Le combat continue !

Pour voir des photographies de ce rassemblement exceptionnel, jetez un œil au reportage de Patrice Leclerc sur www.phototèque.org.

Ci-dessous les textes des interventions.


3. Une Europe qui persécute les persécutés ou une Europe qui les protège ?
2. Les pratiques policières et judiciaires
1. Les logiques et les conséquences du projet de réforme
4. L’immigration dite « choisie » : la sélection voulue par le gouvernement
5. Conclusions