Manifestation à Paris contre "l’immigration jetable" à l’appel de 350 associations

lemonde.fr 2 mars 2006
 
Plusieurs milliers de personnes ("près de 15 000", selon les organisateurs) se sont rassemblées, dimanche 2 avril, en début d’après-midi place de la République à Paris à l’appel du Collectif"Uni-e-s contre l’immigration jetable" pour protester contre le projet de loi défendu par Nicolas Sarkozy

Plusieurs milliers de personnes ("près de 15 000", selon les organisateurs) se sont rassemblées, dimanche 2 avril, en début d’après-midi place de la République à Paris à l’appel du Collectif"Uni-e-s contre l’immigration jetable" pour protester contre le projet de loi défendu par Nicolas Sarkozy.

Le rassemblement, qui doit accueillir plusieurs artistes comme Les Têtes raides ou Louise Attaque, s’insurge contre un projet qui "viole les droits fondamentaux, notamment en matière de vie privée et familiale", pouvait-on lire sur un tract des organisateurs.

"Ce projet de loi sur l’immigration s’inscrit parfaitement dans la logique du gouvernement actuel qui veut qu’il y ait toujours plus de précarité", explique Nathalie Ferré, du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), qui espère que les manifestations actuelles contre le CPE puissent "servir de tremplin" aux revendications de leur collectif concernant les droits des étrangers. "Avec cette loi, le gouvernement inaugure une nouvelle catégorie d’employés : le travailleur étranger jetable", dénonce-t-elle, en appelant à une "prise de conscience" de l’opinion publique sur ces nouvelles dispositions. "Une fois que ce travailleur ne présente plus d’intérêt économique, l’employeur peut le renvoyer dans son pays en mettant fin à son droit de séjour en France", poursuit-elle.

350 ORGANISATIONS

Prenant la parole entre deux groupes musicaux, Catherine Theule, vice-président de la Ligue des droits de l’homme, a dénoncé "la perspective utilitariste" du projet de Nicolas Sarkozy. "Ne sera acceptable que l’étranger perçu comme rentable pour l’économie", a-t-elle dit. Le collectif dénonce plusieurs points du projet, notamment la suppression automatique du droit à la délivrance d’un titre de séjour pour les étrangers présents depuis au moins dix ans, et "le durcissement des conditions du regroupement familial".

Le collectif à l’origine de cette manifestation réunit 350 organisations, associations (Ligue des droits de l’homme, Gisti, Cimade...) et partis de gauche comme le PCF, les Verts et la LCR.

Le projet qu’a présenté Nicolas Sarkozy entend privilégier une immigration "choisie", et se fonde sur l’idée que "l’immigration demeure aujourd’hui sans rapport avec les capacités d’accueil de la France et ses besoins économiques". Faisant valoir que l’immigration pour motif familial demeure dominante, le ministre de l’intérieur veut encourager l’immigration "à des fins professionnelles", qui représente "à peine" 7% des flux, souligne l’exposé des motifs du projet de loi.