La gauche et les associations dénoncent le projet de loi Sarkozy

"les Echos", 30 mars 2006
 

Le projet de loi en faveur d’une immigration « choisie », présenté hier en Conseil des ministres, fait l’objet d’une levée de boucliers à gauche et du côté des associations.

Le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, qui réunit environ 350 organisations et appelle à une manifestation parisienne le 2 avril place de la République, a dénoncé l’approche « utilitariste » de ce texte qui propose, notamment, de sélectionner les étrangers susceptibles d’entrer et de s’installer en France en fonction de leurs qualifications et des besoins du marché du travail. « Cette réforme n’est pas une réforme de plus : elle constitue une véritable rupture en ce sens que, pour la première fois, on désigne officiellement comme "immigration subie" l’’’ immigration de famille" ».

Le PS, de son côté, s’inquiète de la concomitance entre l’examen de ce texte, qui « s’attaque aux derniers droits des immigrés », et les déclarations du ministre de l’Intérieur, qui déclare vouloir « séduire » les électeurs du FN.

Le PCF critique, lui, un projet de loi « injuste et dangereux », en soulignant que les « migrants ne sont pas des marchandises ». Pour les communistes, ce texte « rend quasi impossible le regroupement familial », « supprime les régularisations des sans-papiers présents depuis dix ans sur le territoire » et « crée un titre de séjour qui légalise un véritable pillage de la main-d’oeuvre qualifiée et des intellectuels ».

Quant aux Verts, ils dénoncent un texte qui consacre une « immigration jetable » et constitue « une attaque en règle contre des droits fondamentaux comme le respect de la vie privée, le droit à mener une vie familiale normale, le droit d’asile et l’intérêt supérieur de l’enfant ».