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Nantes : appel féministe pour la manif du 18 mars

samedi 18 mars 2006.
 


AVANT PROJET DE LOI SUR L’IMMIGRATION :
CONSEQUENCES DESASTREUSES POUR LES FEMMES !


Nous demandons le retrait de l’avant projet de loi relatif à l’immigration et à l’intégration qui modifie le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (C.E.S.E.D.A.) annoncé par le gouvernement. Celui ci remet en cause, de façon dramatique, les droits des personnes étrangères :

Lorsque obtenir un statut légal en France devient quasi-impossible pour les migrantEs et lorsque la situation de toutes les personnes étrangères se voit précarisée, les femmes sont d’autant plus touchées qu’elles sont, du fait des inégalités entre les hommes et les femmes et des discriminations et violences sexistes, en situation de plus grande vulnérabilité.

Aujourd’hui les femmes obtiennent un titre de séjour si elles sont épouses mères ou filles.. Situation que nous dénoncions déjà comme renforçant pour les migrantes une soumission à une société patriarcale voire hétérocentrée de fait. Les modifications annoncées relatives aux conjoints étrangers de ressortissants français renforcent les situations de dépendance conjugale.
En effet, la délivrance d’une carte de séjour est encore rendue plus difficile : les délais sont allongés, elle dépend du pouvoir discrétionnaire du préfet et non pas du cadre de la loi, les possibilités de retrait de la carte sont confirmées.

De fait, on enferme les femmes dans des situations conjugales oppressives et dans une insécurité permanente. Niées face aux situations de violences, elles le seront aussi dans leur identité avec le concept ambigu d’intégration et du respect des principes qui régissent la république française. C’est occulter le processus d’adaptation et la richesse des multicultures.

- Si demain la loi passe :

Régis, Français, part en voyage à Saint Pétersbourg. Il rencontre une femme russe, Kristina. Après plusieurs séjours de Régis en Russie, ils se marient. Régis rentre en France, fait transcrire le mariage au niveau de l’état civil français. Kristina obtient un visa long séjour et vient le rejoindre. Au bout d’un an de vie commune, la situation se dégrade. Régis devient violent, de plus en plus violent, Kristina doit même être hospitalisée suite à des coups. Elle veut quitter le domicile conjugal.
Avec la nouvelle loi, elle doit attendre 4 ans de vie commune pour avoir une carte de résident. Survivra-t-elle jusque-là ?


Les modifications annoncées pour le regroupement familial rendent ce dernier quasi-impossible. Or, aujourd’hui, ce sont majoritairement les femmes et les enfants qui sont les membres des familles rejoignant. Environ 80 % des conjoints rejoignant sont des femmes. Par suite, celles-ci viendront hors des procédures légales et seront plus nombreuses à être en situation irrégulière, sans perspective de pouvoir un jour obtenir un titre de séjour.

Quant à la nouvelle immigration du travail, il s’agit d’une immigration précaire et précarisée, le droit au séjour dépendant de l’emploi dans une perspective utilitariste.

- Si demain la loi passe :

Mariama a été embauchée pour un contrat d’un an non renouvelable. Elle est victime de harcèlement sexuel de la part de son directeur. Malgré les lois qui existent contre le harcèlement au travail, elle ne peut pas porter plainte car son employeur exerce sur elle un chantage au licenciement.
Avec la nouvelle loi, son licenciement mettra fin à son droit à un titre de séjour.


Un tel projet de loi entre dans un cadre politique plus global. Il nourrit la xénophobie en faisant des personnes étrangères, sauf la minorité « choisie », des personnes indésirables, dangereuses, délinquantes, que la France subirait. Elle s’inscrit dans la politique de réduction et de négation des droits dans tous les domaines (travail, social, éducation,...) dans une logique de libéralisme effréné.

Des lois, même extrêmement restrictives, ne peuvent arrêter les migrations internationales qui obéissent à des facteurs politiques, économiques, sociaux, idéologiques.
Des migrants et des migrantes chercheront toujours à venir, à s’installer et à travailler en France, mais ils et elles seront condamnéEs à une situation d’extrême précarité, au risque d’atteintes graves aux droits fondamentaux.


CE N’EST PAS CETTE SOCIETE QUE NOUS VOULONS !!!

REJOIGNEZ LE CORTEGE FEMINISTE
LORS DE LA MANIFESTATION
Contre le projet C.E.S.E.D.A
LE 18 MARS 2006 à 15H00
Place du Commerce


A Nantes, le 1er mars 2006

Signataires (liste en cours) :
Association Locale des Femmes Algériennes, Commission femmes du GASProm-ASTI, Espace Simone de Beauvoir, Filles à Nantes, SOS Femmes Nantes, Mouvement Français pour le Planning Familial de Nantes, Ligue Communiste Révolutionnaire, Agir contre le chômage CUN, les Alternatifs, Confédération Nationale du Travail, Ligue des Droits de l’Homme, Mixité et des individuEs......